Choderlos de Laclos, "Les liaisons dangereuses" : intelligence et séduction

Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses : intelligence et séduction

Résumé du document

Les liaisons dangereuses est un roman unique : c'est un des plus gros succès de librairie. Laclos, alors inconnu, signe avec le libraire Durand un contrat qui prévoit 2000 exemplaires. Dans les deux mois suivants ce tirage est épuisé et un nouveau contrat de 2000 exemplaires est signé : ceci est totalement unique (la moyenne des tirages est à l'époque de 600 exemplaires). Le journal de la correspondance littéraire des frères Grimm dit : "Depuis plusieurs années il n'a pas paru de roman dont le succès ait été aussi brillant que celui des Liaisons Dangereuses". C'est également une oeuvre unique pour son auteur, alors inconnu du monde des Lettres (...)

Sommaire

Introduction

A. Le scandale du "roman à clés"
B. Un texte insaisissable
C. Roman moral ?

I) Les stratégies de l'épistolaire

A. La lettre, une tradition des Lumières
B. Le réseau épistolaire des Liaisons dangereuses
1. Les codes de la lettre
2. Les fonctions de la lettre
C. Les perversions du modèle

II) Le roman du libertinage

A. "Le siècle Louis XVI de la séduction" (Versini)
B. "Il faut vaincre ou périr" (Merteuil, lettre 81) : l'âge des conquérants
C. L'adieu au corps

III) Un roman de femmes ?

A. Une galerie féminine
B. Les lacunes de l'éducation

Conclusion
Commentaire de la lettre 127

Informations sur la fiche

Aurore
  • Nombre de pages : 31 pages
  • Publié le : 02/02/2009
  • Langue : français
  • Consulté : 35 fois
  • Format : .doc

Extraits

[...] Plusieurs lettres pourtant évoquent la jouissance sexuelle. _ Lettre 71, Valmont utilise la métaphore militaire pour parler du plaisir : "comme je n'ai point de vanité, je ne m'arrête pas aux détails de la nuit : mais vous me connaissez, et j'ai été content de moi" Le plaisir est évoqué en filigranes avec des allusions ou des métaphores, comme si le corps était indigne des libertins. Les scélérats vont alors évoquer le plaisir sexuel comme un détail illusoire qui ne mérite pas de retenir l'attention. [...]


[...] _ Lettre 131 : Merteuil dit " dans le temps où nous nous aimions, car je crois que c'était de l'amour, j'étais heureuse; et vous Vicomte ? " : on remarque une modalisation du discours. _ Lettre 125 : Valmont dit : "oui adieu mon Ange! Je t'envoie tous les baisers de l'amour". L'italique souligne une certaine ironie. La sphère affective est une terre étrangère pour les libertins. Merteuil raille Valmont, dès la deuxième lettre, d'avoir cédé aux charmes de l'amour. [...]


[...] C'est pourtant bien extraordinaire qu'une femme qui ne m'est presque pas parente, prenne plus de soin de moi que ma mère! C'est bien heureux pour moi de l'avoir connue!" Merteuil, riche en conseils, va représenter un atout pour Cécile car elle sait exactement ce qui manque à une jeune fille puisqu'elle est elle-même passée par cette étape humiliante de l'ignorance entretenue. Mais le parcours de Merteuil est différent car elle va se révolter contre cette ignorance et décidé de se forger elle-même une éducation. [...]


[...] Dans le deuxième paragraphe elle introduit l'idée de l'amour : "vous m'entourez de votre idée plus que vous ne le faisiez de votre personne". Le roman juxtapose alors deux circuits de lettres : _ Les correspondants complices qui se ressemblent et qui s'écrivent sans volonté de manipulation : Cécile/Sophie, Merteuil/Valmont. _ Un réseau plus dangereux qui met en relation un libertin et une victime. Ce système débute à la lettre 12 avec la première lettre de la correspondance Merteuil/Cécile, puis la lettre 24 marque le début de la correspondance Valmont/Tourvel. [...]


[...] Elles sont le moteur de l'intrigue mais Laclos va souligner leur faillite totale dans la conduite des jeunes filles. Le thème principal du roman est le danger des liaisons : les jeunes femmes qui sortent du couvent sans aucune connaissance réelle vont tomber entre les mains des libertins. C'est un fléau réel à l'époque : Cécile incarne cette figure de jeune fille privée d'éducation. C'est un archétype littéraire représentatif des jeunes filles de sa génération. Cécile a suivie un enseignement de quatre ans (entre 10 et 14 ans) qui se limite à des leçons de harpe et de dessin ainsi qu'à quelques lectures de romans pastoraux et de textes religieux. [...]

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