Philosopher - Chantal Jacquet: le désir

Philosopher - Chantal Jacquet: le désir

Résumé du document

« Léonitos, fils d'Aglaïon, remontant du Pirée et longeant l'extérieur du mur septentrional… mais à la fin, vaincu par le désir, il ouvrit les yeux tout grands et, courant vers les morts, il s'écria : tenez malheureux , jouissez de ce beau spectacle. » Cela souligne l'irréductibilité du désir au jugement et l'impétueuse irrationalité de cet appétit qui exige coûte que coûte la satisfaction. Le désir tend en effet au plaisir comme à la fin qui l'accomplit et qui substitue jouissance et plénitude à la tension initiale. - Expérience d'un manque et d'un manquement à soi quand le sujet se surprend à éprouver ce qu'il réprouve. - Expérience teintée d'angoisse, d'inquiétude, portant atteinte au sentiment de liberté, de maîtrise de soi. Le désir ne nous submerge-t-il pas ? - Apparition du désir communément perçue comme une chute : chute originelle liée à l'attrait du fruit défendu, chute de celui qui « tombe » amoureux ou se « vautre » dans le stupre. Sartre : « le désir est tout entier chute dans la complicité avec le corps. » - Inquiétude pour le philosophe en quête d'empire sur lui-même.

Sommaire

I. Nature et origine du désir
A. Désir et besoin
B. L'irréductibilité du désir et du besoin
C. Origine du désir
D. Le mythe d'Aristophane

II. Cet obscur objet du désir
A. L'objet introuvable
B. Le désir retrouvé
C. Désir de désir

III. La sagesse du désir
A. Don Juan, figure du désir aliéné
B. Une science des affects est-elle possible ?

Informations sur la fiche de lecture

Louis
  • Nombre de pages : 13 pages
  • Publié le : 20/04/2012
  • Langue : français
  • Date de mise à jour : 20/04/2012
  • Consulté : 6 fois
  • Format : .doc

Extraits

[...] La clé du mécanisme : les hommes ignorent les causes de leurs désirs : ils sont conscients de leurs désirs et de leurs actes mais inconscients des causes qui les déterminent. (Ethique IV, préface). L'illusion est le fruit d'une conscience partielle qui se croit totale. Les causes réelles ne sont perceptibles qu'à partir de leurs effets. Elles peuvent donc être totalement occultées. Le désir comporte une part d'inconscient. Spinoza précurseur de Freud. Cela dit, même si le psychique ne recouvre pas le conscient, il n'existe pas à proprement parler de désirs inconscients pour Spinoza. Car le désir se définit comme un appétit conscient : seules les causes demeurent inconscientes. [...]


[...] Le désir est à la fois manque qui se remplit et plénitude qui se vide : il est par définition contradictoire. Dernier problème : l'âme sœur occulte le difficile problème du choix de l'objet. Cf. 205d-206c Comment élucider la nature de l'objet désiré ? II- Cet obscur objet du désir Dans son ambivalence le désir veut et ne veut pas sa satisfaction. Il tient à la jouissance et la retient en même temps. Il a une relation ambiguë avec son objet. On jouit moins de ce qu'on obtient que de ce qu'on espère et l'on n'est heureux qu'avant d'être heureux. [...]


[...] Au lieu de condamner, ne faut-il pas plutôt, à l'exemple d'Epicure, réhabiliter les désirs et le corps. Il admet la légitimité et la conformité à la nature des désirs corporels, mais opère un renversement : il présente la satisfaction des désirs naturels comme un modèle raisonnable. Ce n'est pas tant professer un tout pour la tripe selon Messer Gaster, mais exprimer un credo minimal d'une éthique naturaliste fondée sur une classification et une hiérarchie des désirs. Le plaisir épicurien ne s'apparente pas à la jouissance effrénée des débauchés, mais se définit par l'aponie et l'ataraxie, l'absence de troubles physiques et moraux. [...]


[...] Pour que le désir soit source de plaisir et de vie heureuse, il faut le contenir dans les bornes que la nature lui a assignées en l'alignant sur les besoins corporels. Le désir est-il réductible au besoin ? Qu'en est-il de l'éthique naturaliste ? Désir et besoin Contrairement au désir en proie à la lubricité de l'hubris, la démesure, le besoin possède la sobriété mesurée d'une nécessité vitale. Il caractérise l'état d'un être qui exige pour sa conservation un certain nombre de moyens indispensables. [...]


[...] Les modalités de la satisfaction des besoins changent en fonction de l'histoire humaine. Etalonner le désir sur le besoin, c'est toujours redéfinir l'étalon périodiquement. Qu'est-ce qu'une règle qui se dérègle régulièrement ? Problème lié à la nature du désir même : l'essence même du désir réside dans le refus du besoin. Sous l'influence conjuguée de l'imagination et de la raison, l'homme est cet animal qui ne répond pas nécessairement à l'appel de la nature et qui, en niant l'instinct, le métamorphose en désir. [...]

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