Jean de La Fontaine, "La Génisse, la Chèvre et la Brebis en société avec le Lion" : commentaire composé

Jean de La Fontaine, La Génisse, la Chèvre et la Brebis en société avec le Lion : commentaire composé

Résumé du document

La fable 6 du livre I, "La Génisse, la Chèvre et la Brebis", en société avec le Lion, fait partie du premier recueil où le bestiaire et l'imaginaire du fabuliste sont très présents et s'orienteront vers une réflexion plus sérieuse et sentencieuse dans le second. La Fontaine suit de près la fable de Phèdre, « La vache, la chèvre et la brebis, en société avec le lion » (I, 5). Il y puise les arguments du tyran mais accentue la déception brutale des trois femelles trop naïves. Chez le prédécesseur antique en effet, la moralité affirme d'emblée que « jamais il n'y a de sûreté à s'associer avec le puissant ; le pacte avec le lion est ainsi fait sans illusion, les trois autres étant résignés à l'injustice ».
Dans cette fable, en confiant à des animaux la mission de représenter l'arbitraire et l'abus du pouvoir, La Fontaine lui donne toute sa portée et nous permet de transposer sa leçon dans le monde humain : duplicité de l'homme avec son semblable

[...] II- Des animaux personnifiés

Dès le titre de la fable, quatre animaux sont mis en évidence : La Génisse, la Chèvre, la Brebis et le Lion. Le lecteur perçoit très rapidement le caractère traditionnel de ces personnages. La Fontaine les fait intervenir de manière à les affubler de défauts habituellement rencontrés chez l'homme.

a- La mauvaise foi et l'abus de pouvoir du Lion
Roi des animaux par convention, il incarne sans surprise la royauté. Il est omniprésent dans la fable, qualifié par des termes témoins de sa puissance, de son autorité mais aussi de sa violence (...)

Sommaire

Introduction

I) Un récit vif et plaisant

A. Une structure narrative rigoureuse
B. Les procédés d'animation

II) Des animaux personnifiés

A. La mauvaise foi et l'abus de pouvoir du Lion
B. La candeur des trois "associés"

III) Les intentions du fabuliste

Conclusion

Informations sur la fiche

Christophe
  • Nombre de pages : 6 pages
  • Publié le : 16/12/2009
  • Langue : français
  • Consulté : 47 fois
  • Format : .doc

Extraits

[...] Si quelqu'une de vous touche à la quatrième Je l'étranglerai tout d'abord Firent société : s'associèrent. Le gain et le dommage : les pertes et profits. Les lacs : lacets tendus sur le passage du petit gibier pour le piéger par étranglement. Ses ongles : ses griffes. Je prétends : je revendique, je réclame. Tout d'abord : immédiatement. ÉTUDE ANALYTIQUE Introduction Comme le conte philosophique, la fable est un apologue. En effet, c'est un récit distrayant qui contient une morale, parfois implicite. [...]


[...] La mauvaise foi et l'abus de pouvoir du Lion Roi des animaux par convention, il incarne sans surprise la royauté. Il est omniprésent dans la fable, qualifié par des termes témoins de sa puissance, de son autorité mais aussi de sa violence : fier (vers seigneur de voisinage (vers sire (vers fort (vers 15) et Je l'étranglerai (vers 18). Dès le début de la fable, son trait de caractère dominant est suggéré par sa supériorité métrique : le premier vers est consacré aux trois autres animaux, le second tout entier à lui seul. [...]


[...] La fable 6 du livre La Génisse, la Chèvre et la Brebis, en société avec le Lion, fait partie du premier recueil où le bestiaire et l'imaginaire du fabuliste sont très présents et s'orienteront vers une réflexion plus sérieuse et sentencieuse dans le second. La Fontaine suit de près la fable de Phèdre, La vache, la chèvre et la brebis, en société avec le lion 5). Il y puise les arguments du tyran mais accentue la déception brutale des trois femelles trop naïves. [...]


[...] La Génisse, la Chèvre et la Brebis, en société avec le Lion Recueil : parution en 1668. Livre : I. Fable : composée de 18 vers. La Génisse, la Chèvre et leur sœur la Brebis, Avec un fier Lion, seigneur du voisinage, Firent société dit-on, au temps jadis, Et mirent en commun le gain et le dommage Dans les lacs de la Chèvre un cerf se trouva pris. Vers ses associés aussitôt elle envoie. Eux venus, le Lion par ses ongles compta, Et dit : Nous sommes quatre à partager la proie Puis en autant de part le cerf il dépeça ; 10 Prit pour lui la première en qualité de Sire : Elle doit être à moi, dit-il ; et la raison, C'est que je m'appelle Lion : À cela l'on n'a rien à dire. [...]


[...] Il n'y a pas d'incertitude, les trois associés sont condamnés d'avance . au jeûne. L'absence de morale signe l'originalité de cette fable, qui ne présente donc pas au lecteur une morale toute faite, qu'il n'a plus qu'à s'approprier, mais impose au contraire une réflexion critique complexe. Ainsi, le fabuliste dénonce : - l'arbitraire et l'égoïsme par le Lion, véritable allégorie du pouvoir - la soumission et le nécessaire mutisme des sujets (confrontés à l'autorité du monarque) par les autres animaux, allégorie du peuple. [...]

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