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L'unification allemande : la naissance d'une grande nation ?

L'unification allemande : la naissance d'une grande nation ?
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Résumé

I. Dans un premier temps, avant de se poser la question de la naissance ou non d'une grande nation après l'unification allemande, il faut d'abord se demander s'il existait déjà un sentiment national allemand avant l'unification de 1781
A. Pour comprendre s'il existe un nationalisme allemand avant l'unification et pour voir d'où il vient, il faut remonter aux sources et à l'éveil de celui-ci, c'est-à-dire dès la seconde moitié du 18è siècle
B. Jusqu'en 1815, on pouvait encore parler d'un réveil du nationalisme allemand, car il n'y a pas eu de vrais mouvements, de mesures pour une nation allemande unifiée, mais les années qui suivirent le Congrès de Vienne et précédèrent l'année 1848, c'est-à-dire la période du Vormarz, et celles situées entre 1848 et l'unification finale de 1871 de l'Allemagne, marquent une vraie affirmation, une « explosion » de ce nationalisme.
C. Il semble donc qu'avant l'unité finale de 1871, un sentiment national allemand plus ou moins fort ait déjà existé, notamment dès les années 1830. Cependant, il est tout de même possible de relativiser cela, puisque Werner Conze, historien allemand, parle d'une « nation attardée », mais aussi car ce sentiment national n'a pas été uniforme et a été vecteur de divisions

II. On observe donc que malgré une arrivée tardive du sentiment national allemand et ses apparentes divisions, celui-ci a tout de même bien existé et a commencé à s'ancrer fortement avant l'unification finale de l'Allemagne. Cependant, avant de se demander si l'unification allemande a abouti au résultat voulu, c'est-à-dire à la naissance d'une grande nation, il faut d'abord se demander comment s'est faite l'unité
A. Dans un premier temps, si l'unification désigne le long processus d'accession à l'unité allemande, cette dernière a donc bien eu une origine
B. Par ailleurs, Bismarck arrive au pouvoir en 1862, il projette alors réellement l'unité allemande, « par le fer et par le sang ». L'unification allemande qui connaissait quelques ébauches mais pas de véritables fondements, va dès lors se réaliser. Ce qu'il faut pour amener l'unité, selon Bismarck, c'est éliminer les pays rivaux qui empêchent l'unification
C. Cette guerre gagnée contre l'Autriche montre la détermination ardente de Bismarck dans la réalisation de l'unité, et on peut considérer qu'à la fin de la Guerre de Sadowa, l'Empire Allemand va réellement prendre le chemin de sa création, sa fondation finale, jusqu'à sa proclamation en janvier 1871, toujours avec la Prusse en premier plan

III. Le premier souhait de Bismarck ayant été réalisé, c'est-à-dire unifier l'Allemagne sous un seul et même empire, il lui faut maintenant consolider cet Empire en emportant l'adhésion de tous les peuples
A. Dans un premier temps, la politique de Bismarck va reposer sur la défense de l'ordre et la cohésion du Reich, afin de faire accepter cette « Révolution d'en haut », c'est-à-dire que le nationalisme ne vient pas de la base mais de l'Etat lui-même. Bismarck va utiliser ce nationalisme pour rendre l'Allemagne une grande puissance, et empêcher les opposants de ruiner son oeuvre
B. Par ailleurs, après l'échec de Bismarck aux élections de 1890, Guillaume II, petit-fils de Guillaume Ier, demande à Bismarck sa démission, et prend alors sa place. Il va prolonger la politique de Bismarck, mais va se montrer plus ultra, va pousser ce sentiment national à l'extrême, surtout d'un point de vue extérieur, c'est-à-dire qu'il va tenter de faire briller l'Allemagne à l'extérieur des frontières. Il s'agit moins d'un travail sur les consciences des populations allemandes, mais plus sur celles des personnes de pays étrangers
C. Toutefois, même si en apparence Otto von Bismarck puis Guillaume II, après l'unification de l'Allemagne en 1871, ont réussi à faire de l'Allemagne une vraie nation solide, par un sentiment unanime d'appartenir à un héritage commun et par le sentiment des populations étrangères de faire face à une nation unie et puissante, il n'en demeure pas moins que consolider la nation a été difficile, et que les populations n'ont pas toutes accepté cette germanisation

«Une nation n'a de caractère que lorsqu'elle est libre». C’est en 1810 que Mme de Staël, dans son œuvre De l’Allemagne, utilise pour la première fois cette notion de « nationalité ». Elle fut reprise plus tard et accepta un grand nombre de définitions. Pour Philippe Buchez, « ce mot veut dire non seulement la nation, mais encore ce quelquechose en vertu de quoi une nation subsiste même lorsqu’elle a perdu son autonomie », pour Ernest Renan, « une Nation, c'est une âme, un principe spirituel. Deux choses – qui à vrai dire n'en font qu’une – constituent cette âme, ce principe spirituel. L'un est dans le passé, l’autre est dans le présent. L'une est la possession commune d'un riche legs de souvenirs; l'autre est le consentement mutuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis ». Quelles que soient les définitions, on oppose généralement la conception française de la conception allemande de la nation. La première fut théorisée par Locke et Rousseau, et est purement politique. Elle fut affirmée sous la Révolution française, il s’agissait alors de l’ensemble des adhérents à un contrat social, quelles qu’étaient les origines géographiques, ethniques ou culturelles. A cette conception, s’opposait la conception allemande, théorisée par le philosophe Fichte dans son Premier discours à la nation allemande. Il y a défini la nation comme l’appartenance nationale par des critères matériels, des héritages que l’homme n’a pas à choisir ou à refuser, mais qui, au contraire, le déterminent. Il s’agissait alors de l’origine, c'est-à-dire le sang, de la culture, de l’histoire mais surtout de la langue.

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