Timon d'Athènes, acte IV, scène III - William Shakespeare

Timon d'Athènes, acte IV, scène III - William Shakespeare

Résumé du document

Timon d'Athènes, contrairement aux misanthropies respectives de Cnémon dans Le Bourru de Méandre et d'Alceste dans Le Misanthrope de Molière, est d'abord philanthrope avant de se réfugier dans la haine du genre humain. Dès lors que Timon est exilé, la pièce s'obscurcit dans une vision pessimiste de l'humanité qui ne trouvera sa résolution qu'à la scène finale où guerre et paix finissent par s'accorder. Le passage que nous allons étudier se situe au début de l'exil de Timon. Ses anciens compagnons défilent les uns après les autres. Timon a déjà eu la visite d'Alcibiades à qui il a donné de l'or pour se venger d'Athènes. Avant le poète et le peintre, c'est Apémantus, chien satirique, qui vient tourmenter le misanthrope. Cette scène est une confrontation entre les philosophies des personnages. En quoi la dimension satirique d'Apémantus, par ses points communs et ses écarts avec la misanthropie de Timon, nous éclaire sur le héros shakespearien ?

Sommaire

I. Timon exilé
A. Un roi bon et généreux
B. Un antidote à sa douleur

II. Deux misanthropies qui s'opposent
A. Une haine commune du genre humain
B. Un désir de richesse et de gloire

III. Résolution de Timon
A. Quitter ce monde menteur
B. Un personnage fermé

Informations sur le commentaire de texte

Julien
  • Nombre de pages : 5 pages
  • Publié le : 19/05/2017
  • Langue : français
  • Date de mise à jour : 19/05/2017
  • Consulté : 6 fois
  • Format : .doc

Extraits

[...] Timon aurait voulu être un démiurge. Il a cru qu'il l'était lorsqu'il était roi, qu'il avait la sensation de régenter la bouche, la langue, les yeux, le cœur des hommes (361). Mais le première assaut de l'hiver fait tomber les feuilles de l'arbre de la même façon que les courtisans se sont éloignés du courtisé dès que ce dernier n'avait plus de quoi payer leurs belles paroles. A travers l'exemple du destin de Timon, le lecteur comprendra qu'il ne faut pas chercher à se faire dieu quand on n'est qu'homme. [...]


[...] Timon, il est temps de préparer ta tombe (364). Plus rien ne l'attend ici-bas. Il a cru pouvoir trouver un antidote dans la nature, mais Apémantus lui a prouvé l'impossibilité de ce dessein en se moquant de son orgueil : Tu crois donc que l'air vif ( ) va chauffer ta chemise à l'avance ? Ces troncs moussus vont-ils, eux qui survivent à l'aigle, être à ta botte, bondir à ton signal ? (222). Oui, Timon aurait voulu se faire obéir par la nature et se venger des hommes à travers elle. [...]


[...] Ses anciens compagnons défilent les uns après les autres. Timon a déjà eu la visite d'Alcibiades à qui il a donné de l'or pour se venger d'Athènes. Avant le poète et le peintre, c'est Apémantus, chien satirique, qui vient tourmenter le misanthrope. Cette scène est une confrontation entre les philosophies des personnages. En quoi la dimension satirique d'Apémantus, par ses points communs et ses écarts avec la misanthropie de Timon, nous éclaire sur le héros shakespearien ? Nous nous intéresserons tout d'abord à la figure de Timon exilé, puis nous éclairerons le personnage en l'opposant à Apémantus pour enfin analyser la résolution que tire Timon de cette confrontation. [...]


[...] Mais ces êtres peuvent aussi être entendus comme un écho au Roi Lear qui également exilé, nu dans la tempête, ne renonce pas pour autant à son titre de roi ni à sa vie. Lear est fou, mais conscient de sa folie. Il est réaliste et n'attend pas de miracles. Il sera pourtant sauvé par la réconciliation avec sa fille, Cordélie. En comparaison, Timon apparaît bien faible, semblable à un rêveur utopique avec de grands mots tragiques, mais incapable de la moindre action. Il ne sait pas agir. Si son discours et son destin influenceront Alcibiades, Timon mourra seul, l'âme en peine. [...]


[...] Cette tirade de Timon révèle bien les angoisses de l'époque shakespearienne. Désireux de l'apocalypse, de participer à l'extinction humaine, Timon offre de l'or à Alcibiade et Flavius. On peut noter à quel point Timon est sans espoir pour l'homme. Il n'a pas en tête une utopie pastorale pour remplacer l'humanité, ou une croyance en la destruction en vue d'une renaissance. Il sait que le monde des bêtes n'est pas plus réjouissant que celui des hommes, (il est même presque identique comme vue ci-dessus) il sait que l'or rend esclave, que c'est quand l'or sommeille qu'il ne paie rien de mal mais obnubilé par sa colère, il n'a que sa vengeance en tête. [...]

Consulte tous nos documents en illimité !

Découvre nos formules d'abonnement

Pimido.com utilise des cookies sur son site. En poursuivant votre navigation sur Pimido.com ou en cliquant sur OK, vous en acceptez l'utilisation. Politique de Condifentialité

ok