Fabrice à Waterloo, Stendhal, La Chartreuse de Parme, Chapitre III

Fabrice à Waterloo, Stendhal, La Chartreuse de Parme, Chapitre III

Résumé du document

La Chartreuse de Parme fut écrit avec une grande rapidité par Stendhal ; cette rapidité donne au roman une allure primesautière et hardie, une liberté de ton tout à fait remarquable. Le passage qui nous intéresse est typique de cette manière leste et dégagée : dans cette scène bien connue, Fabrice (qui est âgé de 17 ans à peine) erre sur le champ de bataille de Waterloo. Grand admirateur de Napoléon, il a voulu le rejoindre pour cette bataille décisive… mais rendu au milieu du combat, il n'y comprend « rien du tout » ! Nous verrons dans un premier temps comment Stendhal brosse une scène de guerre réaliste et sanglante mais pourtant dénuée de toute tension tragique, puis on s'intéressera au rôle joué par Fabrice dans ce passage (rôle de spectateur beaucoup plus que d'acteur) ; enfin on s'intéressera à la dimension humoristique du passage.

Sommaire

  1. Une scène de guerre sans tragique
    1. Une scène de guerre sanglante, mais dépourvue de tension
    2. Grâce à un narrateur amusé et distancié
    3. Qui présente Fabrice comme protégé
  2. Un héros qui assiste à la guerre beaucoup plus qu'il n'y participe
    1. Fabrice : un homme d'action ?
    2. Fabrice observateur
    3. « Il n'y comprenait rien du tout »
  3. La dimension humoristique du passage
    1. Blanc-bec et bêta
    2. Un sens des priorités peu appropriées
    3. Une satisfaction enfantine

Informations sur le commentaire de texte

Adeline
  • Nombre de pages : 6 pages
  • Publié le : 23/07/2008
  • Langue : français
  • Date de mise à jour : 15/04/2015
  • Consulté : 73 fois
  • Format : .doc

Extraits

[...] Fabrice à Waterloo, Stendhal, La Chartreuse de Parme, Chapitre III Nous avouerons que notre héros était fort peu héros en ce moment. Toutefois, la peur ne venait chez lui qu'en seconde ligne ; il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles. L'escorte prit le galop ; on traversait une grande pièce de terre labourée, située au- delà du canal, et ce champ était jonché de cadavres. Les habits rouges ! Les habits rouges ! Criaient avec joie les hussards de l'escorte. [...]


[...] Fabrice le contemple tout de même avec admiration, ébloui qu'il est par sa réputation. Son regard émerveillé sur un homme qui, en lui-même, n'a vraiment rien de merveilleux met en lumière sa naïveté et ses illusions : Fabrice ne voit pas la réalité objective du Maréchal, il projette sur lui ses propres rêveries héroïques, comme on projette un film sur un écran Un peu plus loin, le spectacle horrible du cheval sanglant et des cadavres inspire paradoxalement à Fabrice un certain contentement : Ah ! [...]


[...] Toutes proportions gardées, c'est un peu la même satisfaction que peut ressentir un touriste japonais lorsqu'il a le plaisir de voir La Joconde Dans cette bataille, notre héros est beaucoup moins un acteur qu'un observateur, presque un badaud[2] Il n'y comprenait rien du tout Pourtant, malgré toute son attention et toute sa curiosité, Fabrice ne comprend presque rien voire rien du tout à la bataille à laquelle il participe Le narrateur adopte une focalisation interne qui nous permet de voir la scène à travers les yeux de Fabrice, et de partager son incompréhension. Ainsi, au début du passage, Fabrice n'identifie pas l'origine de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles Puis, il interprète de manière erronée les impacts des boulets de canon dans le sol : il croit qu'il s'agit d'une terre labourée ! Il ne comprend pas davantage les cris des hussards : - Les habits rouges ! [...]


[...] Stendhal, La Chartreuse de Parme, Chapitre III. Fabrice à Waterloo Introduction Intro de l'intro La Chartreuse de Parme fut écrite avec une grande rapidité par Stendhal ; cette rapidité donne au roman une allure primesautière et hardie, une liberté de ton tout à fait remarquable. Présentation de l'extrait Le passage qui nous intéresse est typique de cette manière leste et dégagée : dans cette scène bien connue, Fabrice (qui est âgé de 17 ans à peine) erre sur le champ de bataille de Waterloo[1]. [...]


[...] Grâce à un narrateur amusé et distancié Cette sensation de légèreté s'explique en grande partie par le ton adopté par le narrateur. Il ne vibre ni d'indignation, ni même de compassion, et raconte la scène comme si aucun enjeu sérieux ne s'y jouait. Le début du passage donne le ton : Nous avouerons que notre héros était fort peu héros en ce moment. Toutefois, la peur ne venait chez lui qu'en seconde ligne Le nous (première personne du pluriel) crée une certaine chaleur humaine, une complicité qui englobe le lecteur. [...]

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