Thucydide, "La Guerre du Péloponnèse", VI, 3-6 : La colonisation de la Sicile : commentaire

Thucydide, La Guerre du Péloponnèse, VI, 3-6 : La colonisation de la Sicile : commentaire

Résumé du document

Thucydide se focalise dans ce texte sur la guerre du Péloponnèse (431-404), en livrant des opinions souvent intéressantes et, en faisant la part de la réalité historique, il écarte les éléments mythiques ou les anecdotes non vérifiées. L'historien athénien Thucydide (vers 460 ? vers 400) est contemporain de l'époque de Socrate mais aussi des évènements qu'il décrit dans ses récits. Il est élu stratège athénien, c'est à dire commandant du régiment d'hoplites de sa tribu en 424, et occupe d'importantes fonctions politiques dans la cité d'Athènes, mais il est vaincu au cours d'une expédition en Thrace, après son échec à défendre Amphipolis contre Brasidas, il s'exile pendant vingt ans puis retourne à Athènes en Grèce au moment de la tyrannie des Trente. Dans son oeuvre principale, Histoire de la guerre du Péloponnèse, Thucydide rapporte le récit de la guerre du Péloponnèse, cycle de guerres qui opposent Athènes à la cité de Sparte, de 431 à 404. En effet, dés le début du Ve siècle, Athènes et Sparte connaissent chacune leur essor : Athènes combat pour son expansion économique et commerciale dans le monde grec tandis que la cité de Sparte renforce sa puissance militaire. C'est à l'issu des guerres médiques entre Grecs et Perses entres autres, qu'Athènes devient menaçante pour Sparte, et Corinthe qui entrent en guerre en 431 avec Athènes. A l'issu de la guerre des « Dix ans » en 421, Athènes est affaiblie et une nouvelle guerre avec Sparte éclate en 415. Au cours du livre VI, puis du livre VII, Thucydide poursuit son récit de la guerre du Péloponnèse sur l'île de Sicile, dans laquelle Alcibiade et Nicias partent en expédition avec une flotte de 250 navires et de quelques 25 000 hommes en 415. Cette expédition implique l'intervention militaire des Athéniens pour soutenir la cité de Ségèste en Sicile face à une autre cité rivale, Syracuse. Cette intervention en Sicile se révèle être un vrai désastre pour les Athéniens qui sont définitivement battus en 404, Nicias est exécuté. Thucydide fait dans ce texte une chronologie des différentes colonies installées par les Ioniens et les Doriens en Sicile : Himère, Zancle, Syracuse, et fait référence à la période de colonisation athénienne qui voit l'apogée de la civilisation grecque en Méditerranée, dés le milieu du VIIIe siècle avec le commencement de la colonisation occidentale. De 770 à 675, cette colonisation reste limitée géographiquement en Sicile, en Italie du Sud et dans la mer Egée. Ce processus de conquêtes se poursuit à nouveau à partir de 625 mais vers d'autres horizons : le Pont Euxin, l'Afrique, la Mer Noire, dans le sud de la Gaule, la Corse, de façon plus large et plus rapide (...)

Plan

Introduction

I) Une course à la colonisation grecque en Sicile (VIIIe-VIe siècles)

A. Un mouvement de grande ampleur
B. Une course à la colonisation entre les cités grecques
C. L'approche des colons avec les indigènes

II) Les enjeux politiques des colonies pour les puissances grecques

A. Un parallèle avec la guerre du Péloponnèse au Ve siècle
B. Limiter la sphère d'influence de la puissance athénienne
C. L'importance stratégique de la Sicile pour le commerce maritime

III) Quelle stabilité politique pour les colonies ?

A. Des fondations qui peuvent échouer à s'implanter
B. Les institutions politiques et religieuses des fondations
C. Une proximité avec le modèle des cités grecques ?

Conclusion

Informations sur le commentaire de texte

Vincent
  • Nombre de pages : 4 pages
  • Publié le : 23/09/2011
  • Langue : français
  • Consulté : 7 fois
  • Format : .doc

Extraits

[...] Thucydide évoque dans le texte le peuple des Sykèles ou Sycules, originaires du centre de l'Italie. Ces derniers sont asservis par les grecs vers 500 et des révoltes ont lieu par la suite dans les colonies, ce qui a favorisé la mise en place de tyrannies hostiles aux Grecs Mais les Camarinéens, pour s'être révoltés, furent, au cours d'une guerre, chassés par les Syracusains plus tard Hippocrate, tyran de Gela, se fit donner leur territoire comme rançon de prisonniers syracusains et fonda, en s'en faisant lui-même le chef, une nouvelle colonie de Camarine II- Les enjeux politiques des colonies pour les puissances grecques Un parallèle avec la guerre du Péloponnèse au Ve siècle La colonisation offre une protection vis à vis des menaces extérieures, mais Thucydide ne donne pas ici le seul argument de l'opposition entre Doriens et Ioniens, s'agissant du conflit avec Athènes à la fin du Ve siècle : Leur plus véritable motif était le désir qu'ils avaient de se la soumettre tout entière ; mais ils voulaient en même temps, par un prétexte spécieux, porter secours à leurs frères de race et aux alliés qu'il s'étaient acquis. [...]


[...] Thucydide, la Guerre du Péloponnèse, VI, 3-6 Introduction Une course à la colonisation grecque en Sicile (VIIIe-VIe siècles) Un mouvement de grande ampleur Une course à la colonisation entre les cités grecques L'approche des colons avec les indigènes II- Les enjeux politiques des colonies pour les puissances grecques Un parallèle avec la guerre du Péloponnèse au Ve siècle Limiter la sphère d'influence de la puissance athénienne L'importance stratégique de la Sicile pour le commerce maritime III- Quelle stabilité politique pour les colonies ? Des fondations qui peuvent échouer à s'implanter Les institutions politiques et religieuses des fondations Une proximité avec le modèle des cités grecques ? Thucydide se focalise dans ce texte sur la guerre du Péloponnèse (431- 404), en livrant des opinions souvent intéressantes et, en faisant la part de la réalité historique, il écarte les éléments mythiques ou les anecdotes non vérifiées. [...]


[...] Une course à la colonisation entre les cités grecques Quelles sont les cités qui colonisent la Sicile ? Thucydide dresse une liste de plusieurs de ces cités : Chalcis Parmi les Grecs, ce furent des Chalcidiens d'Eubée qui y vinrent les premiers Corinthe Archias, un Héraclide venu de Corinthe Naxos, Mégare Lamis, venu de Mégare, cité qui se trouve dans l'isthme de Corinthe). Quelques uns de ces mouvements se font de façon commune le plus souvent, chaque cité grecque choisit d'envoyer ou non une expédition, et fonde le nombre de colonies qu'elle souhaite : pour exemple, Chalcis qui se trouve en Eubée, fonde à elle seule 30 colonies. [...]


[...] La langue fut une langue mêlée, intermédiaire entre celle des Chalcidiens et le dorien ; mais, dans les institutions, les éléments chalcidiens dominèrent Acrai et Casménai furent colonisées par les Syracusains, Acrai soixante-dix ans après Syracuse, Casménai près de vingt ans après Acrai Camarine fut aussi colonisée primitivement par les Syracusains, tout près de cent trente-cinq ans après la fondation de Syracuse les chefs de la colonie étaient Dascon et Ménécôlos. Mais les Camarinéens, pour s'être révoltés, furent, au cours d'une guerre, chassés par les Syracusains plus tard, Hippocrate, tyran de Gela, se fit donner leur territoire comme rançon de prisonniers syracusains et fonda, en s'en faisant lui-même le chef, une nouvelle colonie de Camarine. [...]


[...] Ils avaient emprunté le nom de la ville à son fleuve l'Acragas, pris comme guides officiels Aristonoos et Pystilos, donné à la colonie les institutions de Gela. D'autres colonies comme Zancle suivent le même exemple De Zancle partirent les fondateurs d'Himère, avec, pour chefs officiels, Euclide, Simos et Sacon. La population de la colonie était formée en grande partie de Chalcidiens, mais à ces Chalcidiens vinrent se joindre, chassés par une faction, des Syracusains fugitifs, qu'on appelait les Mylétides. Enfin, ces modèles de colonies, destinées à écarter les risques de tyrannie en Grèce continentale, voient l'apparition de tyrannie qui se heurtent peu à peu à la puissance grecque Anaxilas, tyran de Rhégion, ayant chassé ces Samiens à leur tour et installé lui-même à leur place une colonie de population mêlée, ou encore Hippocrate, tyran de Gela Conclusion Des traces archéologiques confirment la naissance et le développement d'un véritable mouvement de colonisation, qui ne s'arrête pas au VIIe ni même au VIe siècle : les grecs restent plusieurs années après attachés aux colonies qu'ils ont fondé, ils ont tissés des alliances solides avec les cités grecques comme Athènes, obligée d'intervenir en Sicile. [...]

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