Consulte tous nos documents en ligne !

ABONNE-TOI

à partir de
9.95 €
sans engagement
de durée

Voir les offres

Joachim Du BELLAY : présentation, biographie, oeuvres principales

Amoureux et fervent défenseur de la langue française, Joachim du Bellay est un auteur majeur du XVIe siècle, et dont l'oeuvre se doit d'être connue.

Joachim Du BELLAY : présentation, oeuvre

Credit Photo : Joachim du Bellay - Britannica

Biographie

Joachim Du Bellay est né en 1522 à Liré, au château de la Turmélière dans la région d’Anjou, département du Maine-et-Loire, Il y passera les vingt premières années de sa vie.
Orphelin de père - Jean du Bellay, seigneur de Gonnord - et de mère - Renée Chabot - à 10 ans, il est élevé par son frère René, qui n’éprouve envers lui que du désintérêt et le néglige.
Néanmoins, il fait partir d’une illustre famille composée notamment de diplomates, de capitaines, d’un cardinal, et d’un homme de guerre.
Malgré une santé fragile, Joachim Du Bellay, part à Poitiers en 1546 où il étudie le droit. Là-bas, il rencontre, Salmon Macrin, puis en 1547, Jacques Peletier du Mans et Pierre de Ronsard.
De retour à Paris, il retrouve Pierre de Ronsard au collège Coqueret.
Sous l’impulsion de son professeur de grec, Jean Dorat, Du Bellay et Ronsard forme un groupe de poètes surnommé « la Brigade », leur objectif premier étant la création d’écrits français de même facture que les grecs ou les latins, souhait également émis par François 1er.
En 1549, rejoint par Jacques Peletier du Mans, Du Bellay signe une tribune collective, La Défense et Illustration de la Langue Française.
La « Brigade » devient la Pléiade et accueil Pontus de Tyard, Rémi Belleau, Jean-Antoine de Baïf et Etienne Jodelle. Leur but est de rentre la langue française indépendante en la réinventant et d’unifier la France à l’instar du modèle italien.
Il est l’un des premiers poètes à utiliser le « Je » dans ses œuvres.
En 1550, il publie son premier recueil de sonnets, L’Olive, s’inspirant de Francesco Petrarca,
En 1553, il part à Rome, à la Cour Pontificale avec le cousin de son père, le Cardinal Jean Du Bellay.
Impatient de découvrir la ville et sa culture antique, il est déçu et s’ennuie. Il est plus accaparé par les histoires de la cour du pape et les évènements diplomatiques entre la France et l’Italie.
Il écrit alors Les Regrets, recueil dans lequel il évoque ses désillusions de Rome et son mal du pays. S’en suit Les Antiquités de Rome.
En 1557, sa santé se détériore et Du Bellay souffre de surdité. Son cousin le renvoie en France où il logera au Cloître Notre-Dame, chez Claude De Bize.
En 1558, son recueil Les Regrets et son ouvrage Les Antiquités de Rome sont publiés par Frédéric Morel l’Ancien.
La même année, il écrit Epitaphe d’un chat, hommage à son chat chartreux, Belaud, présent à ses côtés quand il écrivait ou quand il était souffrant.
Dans la nuit du 1er janvier 1560, Joachim Du Belley décède des suites d’une apoplexie, sur sa table de travail, au 1 rue Massillon à Paris. Il avait 37 ans.
Il est enterré à la chapelle Saint-Crepin, dans la Cathédrale Notre-Dame.
Malheureusement, de 1771 à 1773, des travaux de repavement du sol ont fait disparaitre sa tombe. A ce jour, ses ossements n’ont pas été retrouvés.
En 1957, un musée est fondé à Liré au sein d’une des demeures ayant appartenue à la Famille Bellay. Il est inauguré le 8 juin 1958 et devient propriété de la commune en 1990.

Ses oeuvres principales

La Défense et Illustration de la Langue Française, 1549

C’est un manifeste encourageant le renouveau de la langue française. Cet ouvrage place Joachim Du Bellay en porte-parole du renouveau des Lettres Françaises. En effet, il légitime ses choix poétiques, au nom de la « Brigade ».
Composé de deux livres de 12 chapitres, c’est une réflexion sur la pensée intellectuelle.
4 grandes idées en ressortent :
-    Enrichissement du vocabulaire en évitant l’usage de traductions.
-    Mettre la langue française sur un piédestal par rapport à la langue latine ou aux mauvais usages qui en sont faits.
-    Privilégier une nouvelle poésie abandonnant les codes médiévaux et favorisant les maîtres antiques notamment par l’usage d’alexandrins et de figure de style.
-    Mise en avant du long travail du poète dont la fonction dite divine, mènera à la gloire et l’immortalité.
Ce livre est combat que mène l’auteur en souhaitant également si ce n’est dépasser le modèle italien, ce dernier se vantant d’avoir réinventé la langue latine.
Du Bellay veut faire du français une langue majeure et moteur, élégante et digne. Son engagement est favorisé par l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui impose le français comme langue de droit et de l’administration.

Les regrets, 1550

C’est un recueil de poèmes – pour certains, une sorte de journal intime -  écrit durant le périple de Du Bellay à Rome. Il fut imprimé en 1558.
La particularité de cet ouvrage est qu’il comprend 191 sonnets écrit en alexandrins (12 syllabes à chaque vers). C’est une ode à sa terre natale, l’Anjou dont il fût éloigné et qui a fait de lui un poète mélancolique.
Il s’est inspiré du voyage d’Ulysse dans son plus célèbre poème, Heureux qui comme Ulysse.

L’olive, 1550

Premier recueil de poésies où Du Bellay explore le sonnet. Il puise ses idées dans les œuvres de Francesco Petrarca, célébre poète érudit florentin et qui compte parmi les plus grands auteurs italiens. Il comportera 50 sonnets à sa création et finalement il y en aura 115 de publiés.
Du Bellay célèbre une femme aimée qui, contrairement à l’œuvre du poète italien, semble être sortie de son imaginaire. Il la prénomme Olive en l’associant à l’olivier comme Petrarca avait prénommée son héroïne Laure, elle-même associée au laurier.

Les antiquités de Rome, 1558

Recueil de poèmes écrit à son retour de Rome. Il y évoque sa déception de la ville qu’il a découverte. Il y compare notamment, la Rome de l’Antiquité avec la Rome contemporaine. Selon lui sa vision de Rome est vide de sens. Il évoque une « illusion, un rêve humaniste ». Il y transparait toute la désillusion que Du Bellay ressent qui, je cite « est venu pour se baigner dans la grandeur de Rome, ne trouve que le fantôme de la ville qu’il avait imaginée ».
Il considère son voyage à Rome comme un échec. Toutes ses descriptions architecturales sont accompagnées de l’adjectif « vieux ».