Les sciences coloniales

Les sciences coloniales

Résumé du document

La colonisation, qui a surtout été analysée sur les terrains même où elle s'est appliquée, a été l'un des grands vecteurs de changement politique, social, et économique, sur les terres colonisées comme dans les pays colonisateurs. L'un des exemples les plus probants de cette influence de la colonie sur l'Occident est l'évolution que l'on a pu observer de la science, vue dans son sens large (sciences « dures » et sciences humaines). On a en effet pu constater que les scientifiques s'intéressaient à de nouveaux terrains, et se prêtaient à des observations de phénomènes physiques ou sociaux tout à fait nouveaux. Au début du XXe siècle, on commence à parler de « sciences coloniales » pour désigner ce qui sera le projet de nombreux scientifiques de l'époque : une science spécifiquement tournée vers les colonies, qui ne sont alors plus vues uniquement comme un terrain particulier, mais comme un sujet en soi digne d'une science à son nom. Ce désir d'autonomisation de la science « coloniale » se fait sentir dans la plupart des sciences, de la biologie à l'ethnologie, et surtout dans les sciences « de gouvernement » que sont le droit (administratif notamment) et la science politique. Ce projet s'est concrétisé dans des institutions que les officiers et administrateurs coloniaux ont construites, le plus bel exemple étant l'Ecole coloniale de Paris inaugurée en 1889.

Sommaire

I. Le désir de faire naître une science axée sur les colonies, « scientifisation » des administrations coloniales A. les sciences coloniales : un savoir pratique issu du terrain B. L'institutionnalisation des sciences coloniales II. Une tentative pleine de contradictions qui laisse cependant des traces dans les sciences humaines A. Les sciences coloniales : une simple déclinaison des sciences existantes ? B. Évolution et apports des « sciences coloniales » dans les sciences administratives

Informations sur la dissertation

Gabriela
  • Nombre de pages : 6 pages
  • Publié le : 03/05/2012
  • Langue : français
  • Date de mise à jour : 03/05/2012
  • Consulté : 2 fois
  • Format : .doc

Extraits

[...] Elles ont permis la déclinaison de nombreuses disciplines dans une perspective coloniale et ont aussi donné lieu à une production de nouveaux domaines scientifiques tels que la géographie de l'aménagement (Marcel Dubois), l'anthropologie juridique de R. Maunier, ou encore l'ethnobotanique d'A. Chevalier, ainsi que le développement de l'administration dans le cadre colonial. Cependant, elles ne réussissent pas à construire une “science coloniale” unie, qui rassemblerait les différentes disciplines nées du contact d'avec les colonies et de la situation de colonisation. Bibliographie : COSSON O., DAGAN Y., Quelle pensée coloniale ? Introduction dossier la pensée coloniale, Mil neuf cent, Revue d'histoire intellectuelle, 2009/1, 5-11. [...]


[...] Ce projet s'est concrétisé dans des institutions que les officiers et administrateurs coloniaux ont construites, le plus bel exemple étant l'Ecole coloniale de Paris inaugurée en 1889. Alors que la France possède des colonies depuis le XVIe siècle, on pourrait se demander dans quel contexte particulier ce projet de création d'une science coloniale est apparu et s'est même institutionnalisé, et aussi comment il a évolué au fil du XXe siècle. A-t-il abouti à la naissance d'une science à part entière ? [...]


[...] Comme l'avait étudié Renaud Payre dans son livre Une science communale ? l'administration des territoires connaît une évolution vers le rationnel, la dépolitisation, et la technicisation des méthodes de gouvernement local. Les administrations coloniales n'échappent pas à cette évolution générale, et l'on voit apparaître de plus en plus de techniciens aux côtés des administrateurs coloniaux. Bien qu'officiellement, ce soient toujours ces administrateurs qui sont plus élevés dans la hiérarchie, l'importance symbolique des techniciens, ainsi que l'arrivée en masse d'intellectuels locaux formés dans les grandes villes des colonies, tendent à minimiser le pouvoir de ces administrateurs, qui n'imposent plus nécessairement le respect associé à leur position de chef. [...]


[...] Le commandant de cercle : un en administration coloniales, un “spécialiste” de l'indigène Revue d'Histoire des Sciences Humaines, 2004/1, 39-57. REGOURD F., Capitale savante, capitale coloniale : sciences et savoirs coloniaux à Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine, 55-2, avril-juin 2008. SIBEUD E., Les sciences sociales à l'épreuve de la situation coloniale Revue d'histoire des sciences humaines 3-7. SINGARAVELOU P., L'enseignement supérieur colonial Histoire de l'éducation, 2009/2 n 122, 71-92. SINGARAVELOU P., Le moment “impérial̎” de l'histoire des sciences sociales (1880-1910). Mil neuf cent. Revue d'histoire intellectuelle, 2009/1, 87-102. [...]


[...] Avant l'entre-deux- guerres, ces administrateurs considéraient que leur savoir, plutôt qu'une science, tenait surtout de l'art. Savoir administrer un territoire, c'est avant tout avoir des capacités d'analyse, d'initiative et d'action sur ce même territoire. Il y a l'idée que chaque terre, et les hommes qui y sont rattachés, possède des caractéristiques spécifiques issues d'une histoire, de traditions ancestrales de valeurs partagées, et c'est la raison pour laquelle l'administrateur doit avant tout être un homme de terrain qui saura comprendre profondément la terre et ses hommes, ce que Georges Hardy, l'un des instigateurs des sciences coloniales appellera le sens de l'indigène On est dans une vision nostalgique d'un passé paysan français, que l'on pense retrouver dans ces terres colonisées : les sociétés rencontrées en Afrique seraient des havres de paix et d'harmonie sociale, où des traditions millénaires continuent à se transmettre de génération en génération. [...]

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