Commentaire littéraire: Britannicus - Racine, Acte II, Scène 3; vers 573-602

Commentaire littéraire: Britannicus - Racine, Acte II, Scène 3; vers 573-602

Résumé du document

Avec Britannicus, Racine réalise une de ses plus grandes tragédies, empruntant un épisode de l'histoire Romaine pour poser l'intrigue de sa pièce. Cette pièce est une tragédie du pouvoir à une époque où la France est sous le règne de Louis XIV, on peut donc imaginer que le thème du pouvoir politique s'imposait de lui-même, le contexte historique aidant. Pourtant Racine réfute cette hypothèse et fait observer qu'il ne s'agit pas de s'intéresser aux « affaires du dehors. Néron est ici dans son particulier. » Il semble placer sa pièce dans une volonté de montrer l'intimité des ‘gens de pouvoir', des figures souveraines. Une intimité qui peut parfois interférer dans des décisions politiques ou les induire. Racine, en désirant montrer l'intimité des ‘chefs', montre finalement les mécanismes du pouvoir, comment un homme de pouvoir est parfois mû par ses sentiments. L'extrait s'insère au début de la pièce. Dans l'acte I, Néron a enlevé Junie, amante de Britannicus car il désire en faire son épouse et répudier Octavie. Après avoir refusé une entrevue avec sa mère, celle-ci craint de perdre l'emprise qu'elle possède sur son fils, et par extension sur l'Empire, elle propose donc une alliance à Britannicus lui révélant les projets que Néron a pour Junie. Britannicus accepte sous l'influence de Narcisse, qui est en réalité un traître à la solde de Néron. Narcisse informe Néron du complot qui se trame contre lui. Dans cet extrait Néron informe Junie des projets qu'il a pour elle.

Sommaire

1) Deux rôles bien définis

2) Une rhétorique amoureuse

3) Des Dieux balayés de l'action

Informations sur le commentaire de texte

Zoé
  • Nombre de pages : 5 pages
  • Publié le : 30/11/2011
  • Langue : français
  • Date de mise à jour : 30/11/2011
  • Consulté : 47 fois
  • Format : .docx

Extraits

[...] On peut même aller plus loin en parlant de réification. En effet, Néron semble réduire Junie à un simple objet, ou du moins à un simple corps. Cette impression se manifeste au travers d'un lexique prêtant une passivité et une soumission à celle-ci. Ainsi Néron parle de la faire « souscrire », il fait d'elle « ce trésor » pour lequel il cherche un « dépositaire » -terme apportant une conception commerciale et juridique-, désire également la « confier » et il finit en apothéose s'il on peut dire avec un « à qui vous vous devez » qui confirme une réification de Junie. [...]


[...] » De plus il semble que la tirade de Néron présente un mouvement d'élargissement, d'universalisation, lorsqu'il énumère « la cour, Rome et l'Empire ». Un mouvement d'universalisation et d'accumulation qui ne se veut pas une déification de Junie la portant jusqu'à « l'univers » comme si elle le surplombait, mais tend plutôt à la faire fléchir sous le poids du devoir qui se fait de plus en plus grand, de plus en plus pesant, omniprésent. Elle se doit à tous les plans, semble t-il. Ici le personnage de Junie est influencé par son rôle de ‘citoyenne', en tant qu'individu de la cité. [...]


[...] Une latence du sentiment amoureux qui transparait à travers certains termes comme fulgurance, ou encore une élévation du personnage de Junie concomitante à sa réification. On a donc pu observer une certaine ambigüité du personnage de Néron qui semble animé du pouvoir de l'amour, désirant faire de Junie une épouse, mais surtout animé de l'amour du pouvoir, commandant Junie, administrant la cité, s'émancipant du carcan maternel, supplantant les dieux. Racine livre ici une tragédie du pouvoir et du politique tout en y mêlant les tensions qui touchent le souverain « dans son particulier ». [...]


[...] Les « dieux » devenant plus indéfinis en étant supplantés par « le ciel ». Divinités qui semblent être relayées en marge de l'action, et finalement déchues de leur caractère divin du fait du terme « ciel » qui les rend floues, indéfinies, effacées. Une position étonnante par rapport aux tragédies plus ‘classiques' où ce sont les dieux instigateurs des ‘aventures humaines', de leurs péripéties tragiques. Peut-être peut-on parler d'une tragédie de la volonté et du pouvoir humain pour l'opposer à une tragédie, plus classique, de la noble et divine fatalité. [...]


[...] Commentaire littéraire Britannicus, Racine Acte II, Scène vers 573-602 Avec Britannicus, Racine réalise une de ses plus grandes tragédies, empruntant un épisode de l'histoire Romaine pour poser l'intrigue de sa pièce. Cette pièce est une tragédie du pouvoir à une époque où la France est sous le règne de Louis XIV, on peut donc imaginer que le thème du pouvoir politique s'imposait de lui-même, le contexte historique aidant. Pourtant Racine réfute cette hypothèse et fait observer qu'il ne s'agit pas de s'intéresser aux « affaires du dehors. [...]

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