Fantasio, Alfred de Musset, 1834

Fantasio, Alfred de Musset, 1834

Résumé du document

Fantasio est une pièce écrite par Musset en 1834, l'extrait étudié se place entre le moment où la princesse Elsbeth accepte de prendre pour époux le duc de Mantoue, pour la sécurité nationale et où ce dernier est victime d'un camouflet de Fantasio qui annule le mariage. Le titre de la pièce et le nom du héros renvoient au concept de fantaisie, ce dernier peut avoir de nombreuses significations mais évoque manifestement ici de manière générale le déraisonnable, l'imagination et la folie. En effet, le Robert nous apprend que « fantaisie » signifie dans un premier lieu l'imagination, puis l'extravagance et la folie. Pourtant, la pièce et notamment cet extrait sont lourds de sens, comment comprendre alors ce double-jeu ? Comment comprendre ce rôle de la folie, de l'imagination dans un raisonnement conceptuellement abouti ?

Sommaire

I. Ainsi, nous pouvons constater que, à l'image de la pièce dans son ensemble, l'extrait étudié se place sous des apparences de folie

II. Tout d'abord, il faut bien mettre en place le fait que Fantasio suit un raisonnement structuré

III. L'apparente absurdité de Fantasio qui est réfutée par le raisonnement l'est aussi par un jeu de questions/réponses

IV. Fantasio, dans la même logique, utilise le procédé de l'ironie

Informations sur le commentaire de texte

Liselotte
  • Nombre de pages : 6 pages
  • Publié le : 11/04/2013
  • Langue : français
  • Date de mise à jour : 17/09/2014
  • Consulté : 0 fois
  • Format : .doc

Extraits

[...] Ainsi, sous une apparente folie, Fantasio établit un système de raisonnement structuré basé sur l'implicite, l'ironie et le non-dit. Ce langage particulier est en fait un déguisement dans le déguisement, en effet, Fantasio, pour pouvoir parler à Elsbeth, doit être sous l'apparence de Saint-Jean et, pour lui faire comprendre certaines choses, doit user de la dissimulation, des sous entendus et de l'implicite comme le dit très bien Philippe Van Tieghem dans Musset, l'homme et l'oeuvre : Musset a déclaré que le poète devait vivre intensément pour créer une poésie vraiment humaine ; c'était justifier l'usage des passions par la noblesse du but où elles devaient conduire. [...]


[...] Dans cette tirade, Fantasio critique la cour, mais notamment le mariage avec ce prétendu cet homme destiné au mariage qui n'est pas prétendant il est prétendument légitime à un mariage qui n'a pas de sens, il incarne par son nom la facticité de l'institution qu'il convoite. La moralité est pour nous : les êtres jeunes et vrais ne peuvent vivre dans l'authenticité que sous un masque et à l'aide d'un déguisement ; et le monde est à l'envers, car la mascarade seule et le jeu (au sens ludique, sportif et dramaturgique) permettent à ce qu'il y a de véritablement sérieux dans la vie et dans l'âme de reprendre sa place. Caramaschi Enzo. Sur Fantasio In: Cahiers de l'Association internationale des études françaises. [...]


[...] Est-ce à moi que s'adressent tes folies ? Ces répliques que Elsbeth fait à Fantasio laissent donc sous-entendre que Fantasio est atteint de folie et que son nom, par extension, le justifierait. L'emploi clair et net des ces expressions par Elsbeth marque bien l'évidence de non-sens apparent qui règne tout au long de la pièce et plus particulièrement ici. Nous pouvons alors nous demander la raison de ces remarques d'Elsbeth ? Quels sont les signes, les manifestations de cette folie de Fantasio ? [...]


[...] Fantasio, lui, répond qu'il parle au hasard en tant qu'entité personnifiée. Ainsi, l'ambiance confuse règne et se propage, la conversation semble n'avoir aucun sens et être, elle aussi, complètement hasardeuse. Sans s'attacher aux termes précis relevant du déraisonnable tels que la folie ou le hasard, l'extrait se place sous l'apparence d'une grande absurdité du point de vue des paroles proférées par Fantasio notamment : Un joli petit serin empaillé qui chante comme un rossignol. Je respecte fort la laideur. Je parle beaucoup au hasard ; c'est mon plus cher confident. [...]


[...] C'est au hasard ; je parle beaucoup au hasard ; c'est mon plus cher confident . Que vous importe que le hasard ait croisé sur sa grande route deux roues qui ne suivent pas la même ornière, et qui ne peuvent marquer sur la même poussière ? Ainsi les notions de destin, de sens de l'histoire et de progrès sont abandonnées et les personnages ne peuvent donc plus se rattacher à un quelconque sens de leur vie. Toute maîtrise des évènements devient impossible, le hasard agit et Dieu sait. [...]

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