Comment faire une dissertation de Philosophie ?

Méthodologie de la dissertation de philosophie. Que contient-elle ? Comment faire ? Explications à l'aide d'un exemple sur le bien et le mal.

Comment faire une dissertation de Philosophie ?

Credit Photo : Unsplash Aaron Burden

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Qu'est-ce qu'une dissertation, déjà ?

  • Une problématique ;
  • Une introduction précédant la thèse ;
  • Une réponse personnelle et argumentée à cette problématique ;
  • La définition détaillée et approfondie des termes du sujet ;
  • Un plan en trois temps.

Évidemment, il n'est pas nécessaire de rappeler que dans ton écrit au propre, le numéro de tes parties ne doit pas apparaître, que tu dois sauter au moins deux lignes entre chaque partie, et que les parties sont reliées par des transitions.

Voilà pour l'architecture de la dissertation.

Le brouillon

La première étape, c'est d'observer le thème : « Qu'est-ce que le bien ? »

Avant tout, écrit absolument TOUS les termes qui te viennent concernant ce sujet : concepts, citations, phrases... Tout est bon pour créer de potentielles problématiques. D'ailleurs, quand tu auras trouvé ta problématique, tu devras probablement répéter cette étape pour coller avec de manière plus fine.

Il te faut comprendre qu'à partir de ça, tu vas devoir créer une nouvelle problématique. Tu ne peux pas garder cette question telle quelle.

Pour ce faire, il faut que tu considères :

· Qu'il y a forcément des termes polysémiques, et tu devras de toute manière définir chaque sens des concepts que tu vas employer.
·
Que si on part d'un terme, il est sûrement pertinent de parler de son contraire par contraste.
·
Que ta thèse sera forcément celle que tu vas réfuter, donc peu importe ce que tu tires de ce thème, mets en thèse l'axe qui te semble le plus flou et le moins soutenable dans la dissertation.

Par exemple :

« Qu'est-ce que le bien ? »

· Termes polysémiques et description des termes : « bien ». On peut y voir plusieurs choses, se demander ce qu'est le bien. Le Souverain Bien de Kant ? Le bien commun ? Le bien au sens de la vertu dans la religion chrétienne ? C'est à cette étape que tu dois te référer à tes connaissances des termes en philosophie ! N'hésite pas à invoquer un terme et à mettre son auteur entre parenthèses dans ton brouillon pour te rappeler de qui est ce concept, et pouvoir le dire dans ta copie pour montrer que tu as retenu ton cours.

· Son contraire : le mal. Définir le mal te permettra de définir le bien par contraste ; en effet, tout ce qui sera le mal ne pourra pas être le bien. Pareil, appuie-toi sur tes connaissances pour dire ce qui pourrait être le mal.

On pourrait également penser à quelque chose d'intéressant : est-ce que le bien et le mal sont fondamentalement séparés ? Donc, n'hésite pas à écrire tout ce qui te vient en tête quand tu commences à rédiger. Une idée de problématique peut te venir comme ça, et c'est crucial.

Maintenant que tu as soulevé de nombreuses idées, celle qui te semble la plus difficilement soutenable ou exprimable devra être mise en premier plan.

Ton plan au brouillon devrait ressembler à ça :

Problématique : Le bien et le mal sont-ils fondamentalement séparés ?

Introduction : Le bien et le mal sont des notions qui ont toujours inquiété les Hommes depuis qu'ils vivent en communauté [insérer une phrase bateau pour emmener jusqu'à la problématique. Ne traîne pas en longueur dans l'introduction, et ne trahis pas ce qui sera dit dans les parties suivantes ; tu peux l'évoquer vaguement, mais garde le développement pour les parties de ta dissertation.]

I-             Thèse : Oui, parce que :

1)    Le bien et le mal sont forcément séparés par qu'ils sont des antonymes, s'ils étaient les mêmes ils seraient indiscernables.
2)   
Parce que, plus loin que la théorie, ils ne produisent pas les mêmes effets sur autrui et sur nous-mêmes.
3)   
On peut observer les bonnes et les mauvaises actions (cf Kant et la morale).

II-            Antithèse : Non, parce que :

1)    « L'enfer est pavé de bonnes intentions », ou « qui veut faire l'ange, fait la bête (Pascal) ». C'est-à-dire que donner de bonnes intentions à nos actions ne suffit pas à faire le bien.
2)   
Dans le mal, il y a sûrement quelque chose de bien : il peut être vertueux de mentir justement, seulement si on adopte une morale conséquentialiste et pas pure comme celle de Kant (n'hésite pas à lire la réfutation de la thèse de Kant par Benjamin Constant)
3)   
Le bien se trouve probablement entre de bonnes et de mauvaises actions, mais jusqu'à la conséquence de nos actes, il est impossible de savoir ce qui est bien ou pas.

III-           Synthèse : Conclusion

Le bien et le mal sont des notions au final assez proches et s'entremêlant. Et comme indiqué ci-dessus, à quel point ignorons-nous l'impact de nos actions, et la valeur qu'elles ont ? Plus encore, à quel point ne sommes-nous plus maîtres de nos actes, décideurs de nos fins, en somme, déterminés (cf Spinoza) ?

Il ne reste plus qu'à recopier au propre et à relire.


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