Le traité de Verdun (843) selon Nithard

Le traité de Verdun (843) selon Nithard

Résumé du document

La mort de Louis le Pieux qui intervient le 20 juin 840 entraîne des divisions autour des trois fils du défunt sur la question de l'héritage. En effet, le titre impérial revient au fils aîné de Louis, Lothaire. Ce dernier dresse rapidement ses frères contre lui en tentant de réunir tout l'héritage impérial sous sa direction sans leur reconnaître de royaume autonome. Face à ces excès de Lothaire aidé d'une puissante clientèle et du trésor impérial, Louis et Charles s'allient et remporte une victoire décisive le 25 juin 841 à Fontenay-en-Puisaye, prés d'Auxerre dans une bataille considérée comme l'une des plus meurtrière du Moyen Âge. Malgré la défaite, Lothaire ne pose pas les armes et c'est dans ces conditions que Louis et Charles s'engagèrent à s'aider réciproquement et à ne pas traiter séparément avec Lothaire. En fait, les deux rois jurèrent de se porter mutuelle assistance contre les actes de leur frère aîné et de ne pas chercher à se nuire l'un l'autre. Ces serments furent prononcés par les deux frères le 14 février 842 dans la ville de Strasbourg. Les textes de ces serments nous sont connus aujourd'hui car ils ont été rapportés par l'historien Nithard, auteur par ailleurs du texte soumis à notre étude. Nithard est le petit fils de Charlemagne par sa mère Berthe (fille de Charlemagne). Il appartient à la noblesse franque et il est le cousin germain des fils de Louis le Pieux. Nithard est l'un des principaux conseillers de Charles le Chauve pour qui il combattra notamment face à Lothaire à Fontenay-en-Puisaye. En 843, il est nommé abbé laïc de St Riquier. C'est à la demande de Charles qu'il décide de fixer par écrit le récit des événements de son temps : ses Histoires des fils de Louis le Pieux en latin et divisé en quatre livres, vont de la mort de Charlemagne en 814 jusqu'en 843. Il traite d'événements dont il a été témoin oculaire et participant. Son œuvre tend à justifier la politique de Charles le Chauve, face à la faiblesse de Louis et aux machinations de Lothaire. La date du décès de Nithard reste difficile à définir, mais on peut penser qu'il aurait trouvé la mort durant l'année 844. Le texte du traité, perdu, ne nous est pas connu, seules les annales de Saint-Bertin ou les annales de Fulda relatent cet événement mais d'une manière concise et imprécise. Le texte de Nithard soumis à notre étude décrit les délibérations entre les frères pour le partage de l'empire, ces dernières menant au traité de Verdun. Cet extrait est présent dans le quatrième livre des Histoires des fils de Louis le Pieux. Le texte peut se décomposer en trois parties, d'abord l'auteur décrit la réunion prés de Mâcon ou les frères se jurent la paix et une division équitable de l'empire, ensuite il annonce le retour de chaque frère dans le lot qui lui avait été attribué avant la mort de leur père. Enfin, il décrit la réunion qui à lieu en Octobre à Saint-Castor ou l'on découvre que personne ne connaît précisément l'empire et que la division s'avère compliquée.

Sommaire

I] Les enjeux des négociations
a) Maintenir la paix
b) Diviser équitablement l'Empire...
c)...à partir des lots attribués par Louis le Pieux

II] La mise en oeuvre du partage
a) Le choix de la ville de Coblence
b) Un partage impossible ?
c) La conclusion du traité

Informations sur le commentaire de texte

Florian
  • Nombre de pages : 5 pages
  • Publié le : 16/11/2011
  • Langue : français
  • Date de mise à jour : 16/11/2011
  • Consulté : 24 fois
  • Format : .docx

Extraits

[...] Le traité de Verdun (843) : selon Nithard. La mort de Louis le Pieux qui intervient le 20 juin 840 entraîne des divisions autour des trois fils du défunt sur la question de l'héritage. En effet, le titre impérial revient au fils aîné de Louis, Lothaire. Ce dernier dresse rapidement ses frères contre lui en tentant de réunir tout l'héritage impérial sous sa direction sans leur reconnaître de royaume autonome. Face à ces excès de Lothaire aidé d'une puissante clientèle et du trésor impérial, Louis et Charles s'allient et remporte une victoire décisive le 25 juin 841 à Fontenay-en-Puisaye, prés d'Auxerre dans une bataille considérée comme l'une des plus meurtrière du Moyen Âge. [...]


[...] Le texte peut se décomposer en trois parties, d'abord l'auteur décrit la réunion prés de Mâcon ou les frères se jurent la paix et une division équitable de l'empire, ensuite il annonce le retour de chaque frère dans le lot qui lui avait été attribué avant la mort de leur père. Enfin, il décrit la réunion qui à lieu en Octobre à Saint-Castor ou l'on découvre que personne ne connaît précisément l'empire et que la division s'avère compliquée. Face à cet extrait, nous pouvons nous demander en quoi les négociations entre les frères vont mener à un acte de droit international exceptionnel, scellant le sort de l'empire carolingien? D'abord nous étudierons les enjeux des négociations, puis dans un second temps la mise en œuvre du partage. [...]


[...] Néanmoins, en Octobre 842, les négociations entre les commissaires se poursuivent et des difficultés surviennent. L'auteur décrit ligne 19, les contraintes rencontrées par les commissaires pour le partage : « on demanda si l'un d'entre eux avaient une connaissance claire de tout l'empire ». Ainsi, après les difficultés rencontrées pour établir un accord entre Lothaire, Charles et Louis un nouveau problème se pose. En effet, l'empire de Charlemagne est immense et il n'existe pas pour l'époque de carte recensant l'intégralité des territoires et régions. [...]


[...] Dans le même temps, les Sarrasins attaquaient la Provence et les Saxons et les Slaves se faisaient de plus en plus menaçants. Dans ces conditions, la paix entre les trois rois doit se faire au plus vite. Elle est donc conclue à la mi-juin prés de Mâcon. Ces différents événements ont sans doute contribué à accélérer les négociations. » Le premier enjeu des négociations était donc de maintenir la paix. Cette paix étant nécessaire afin de procéder au partage de l'Empire. Diviser équitablement l'Empire . [...]


[...] Pour ce faire, les fidèles de chaque roi réunissent une assemblée («un plaid» cité ligne afin de décider du partage. Comme l'indique l'auteur à la première ligne, chaque roi est accompagné «d'un nombre égal de grands». Les grands du royaume sont les membres de la haute aristocratie (Comtes, Baron, grands Seigneur) et du haut clergé (évêques durant les négociations menant au traité de Verdun, ils occupent une place de choix car c'est eux qui sont censés établir le partage de l'Empire. [...]

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