Pimido

la peine de mort, approche historique

la peine de mort, approche historique
  • Résumé
  • Informations
  • Extraits

Résumé

I La peine de mort : clef de voute des systèmes répressifs jusqu'au XVIIIe siècle:
A/ Débats sur la peine de mort à l'époque médiévale et à l'époque moderne:
B/ Des espoirs des Lumières à la guillotine:
II L'abolitionnisme grandissant à partir du XIXe siècle:
A/ La peine de mort au XIXe et XXe siècle:
B/ La peine suprême de nos jours:




« On peut avoir une certaine indifférence sur la peine de mort, ne point se prononcer, dire oui et non, tant qu'on n'a pas vu de ses yeux une guillotine. » Ces mots écrits par Victor Hugo dans son ouvrage « Les Misérables » soulignent à quel point chacun à son opinion faite sur la peine de mort; et une opinion souvent un peu courte. Pourtant, la question de savoir si une société a, ou non, le droit de tuer un assassin, ou tout autre individu dangereux, n'a rien de simple. Il est une règle commune à toutes les civilisations anciennes que le meurtrier mérite la mort. Au départ, peine purement privée, la mort s'apparente à un « droit » de vengeance, une riposte quasi instinctive. On constate ceci dès la Bible et l'Ancien Testament. En effet, entre groupes familiaux c'est la vengeance qui est la règle, et celle-ci est parfois illimitée : « Sept fois sera vengé Caïn, et Lamech, soixante dix sept fois! »1 Mais un meurtre ainsi perpétré appelle nécessairement un autre meurtre, en un cercle sans fin de vengeances enchainées. C'est pourquoi, la plupart des sociétés primitives, dans un soucis d'auto-conservation, en sont venues à limiter ce « droit » de vengeance par un principe de similitude: c'est la loi du talion : oeil pour oeil, dent pour dent, vie pour vie. Appliqué à l'homicide volontaire, le talion appelle forcément la peine de mort. Celle-ci est ainsi prévue à plusieurs reprises dans l'Ancien Testament : « Quiconque frappe quelqu'un et cause sa mort devra être mis à mort »2, « Si un homme frappe [mortellement] un être humain, il devra mourir »3. Cette loi implique que, une fois le premier meurtre vengé, le vengeur lui-même, ayant accompli un acte licite, ne peut pas être inquiété. Dans les sociétés évoluées ensuite, l'une des premières manifestation de cette évolution est justement l'apparition d'un pouvoir commun (le futur État) qui interdit aux particuliers de se venger eux-mêmes. C'est la collectivité, selon des modalités diverses, qui va infliger des châtiments aux particuliers qui ont violé les règles de la vie commune. La « chose publique » s'arroge donc le monopole de l'application des peines dont la plus grave de toute, la peine de mort. Cette idée apparaît dès le Nouveau Testament. Ainsi, tout en affirmant la supériorité du pardon, l'Évangile n'exclut ni la peine en général, ni la peine de mort en particulier. En somme, il y a un principe : le pardon des offenses et la renonciation à la vengeance; et une exception : la possibilité d'une sanction punitive en cas de « scandale » public, ce qui laisse la décision à l'autorité publique, celle qui gère « le royaume de ce monde ». Tout meurtrier mérite-t-il nécessairement la mort? Cette question n'est pas nouvelle et se pose depuis l'Antiquité, à Rome ou en Grèce notamment. Ainsi, pour Platon, « nul n'est méchant volontairement »4, c'est à dire que l'acte mauvais ne peut jamais résulter d'une volonté libre, mais seulement d'une sorte de maladie de l'âme. C'est pourquoi, il faut d'abord s'efforcer de guérir le délinquant en « rééduquant » sa volonté, chaque fois que c'est possible. C'est seulement en dernier recours qu'il faudra envisager une mesure d'élimination radicale. « Pour les incurables, la mort ». Contre Platon, Aristote affirme l'existence du libre arbitre, et donc la plénitude de la responsabilité individuelle : tout homme normal doit donc répondre de ses actes. Il revient précisément au juge pénal de distribuer des peines en faisant en sorte qu'après l'infraction et la peine qui la répare, « les choses redeviennent ce qu'elles étaient auparavant ». La peine est ainsi définie comme essentiellement rétributive. Mais sur la nature de la peine, Aristote reste assez vague. La rétribution englobe à la fois une indemnité réparatrice et un châtiment éventuellement corporel; mais c'est au juge, en dernier ressort, qu'il appartient de « mesurer » la peine en fonction des circonstances. Au cours des siècles, l'argumentation des partisans ou des adversaires de la peine de mort présente de nombreuses constantes : le respect de la vie, la défense de la société, l'irréversibilité du châtiment, la valeur du pardon,... Pourtant, d'une époque à l'autre, on constate que la législation ou la pratique judiciaire sont plus ou moins sensibles à telle ou telle considération et appliquent la peine capitale avec plus ou moins de facilité. Il faut donc remonter le temps pour analyser l'histoire de la peine suprême afin de comprendre ses différentes mutations jusqu'à l'époque actuelle. Pour cela il est possible d'effectuer une fracture temporelle et de voir d'abord la peine de mort comme peine principale à partir du Moyen-Age (I), puis l'évolution vers l'abolitionnisme dès le XIXe siècle (II).

Les plus consultés

  • Le document est un extrait de l'ouvrage intitulé "De la souveraineté du roy" écrit en 1632 par Cardin Le Bret qui a pour but d'affirmer la souveraineté du pouvoir royal dans tout le royaume de France. Cardin Le Bret (1558-1655) est un juriste français considéré comme l'un des penseurs majeurs de l'absolutisme. On s'interrogera lors de ce...

    Clément

    mardi 09 mars 2010

    Commentaire de texte de 3 pages - Histoire moderne : Renaissance à XIXe

    Commentaire.s (0) Partage.s (0)
  • Le document étudié est un extrait d' « Histoire de la Révolution et des évènements de Saint-Domingue depuis 1786 jusqu'en 1812 » rédigé par Listré. Ce récit littéraire, à la fois historique et autobiographique, est extrait du fonds Gabriel Debien de la Bibliothèque Municipale de Nantes sous la référence 1809, publié dans « Centre de Recherches...

    johanna

    mercredi 09 mai 2012

    Cours de 11 pages - Histoire moderne : Renaissance à XIXe

    Commentaire.s (0) Partage.s (0)
  • « L'État, lorsqu'il choisit les hommes qui le serviront, ne tient aucun compte de leurs opinions. S'ils veulent bien lui être fidèles et le servir, cela suffit » (O. Cromwell). Voilà qui dépeint bien les ambitions du Lord Protecteur. Il est né à Huntingdon en 1599. Les Cromwell sont membres de la gentry, ils possèdent une maison à Huntingdon et...

    pauline

    jeudi 16 janvier 2014

    TD de 4 pages - Histoire moderne : Renaissance à XIXe

    Commentaire.s (0) Partage.s (0)
  • Un office est une charge publique stable, qui répond à un besoin permanent de l'administration. La plupart des agents de la monarchie sont ainsi des officiers. Les prévôts et baillis ou sénéchaux, pour l'administration générale, et tous les agents travaillant pour des administrations particulières reçoivent des lettres de provisions d'office,...

    Elise

    mardi 27 janvier 2009

    Commentaire de texte de 5 pages - Histoire moderne : Renaissance à XIXe

    Commentaire.s (0) Partage.s (0)

Les plus récents

  • Le personnage qui a écrit le texte est le Sieur Jacquelin Duplesis, conseiller du roi. Le contexte d'écriture est la fin du règne de Louis XIV (1715). La guerre de succession d'Espagne (1701-1714) est une guerre qui oppose de nombreuses puissances européennes pour le trône d'Espagne à la mort du dernier Habsbourg espagnol Charles II (sans...

    Damien

    jeudi 03 octobre 2019

    Cours de 5 pages - Histoire moderne : Renaissance à XIXe

    Commentaire.s (0) Partage.s (0)
  • Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) était un prédicateur de la cour (sermon), évêque de Meaux et précepteur du Dauphin représentatif du classicisme. Le prince de Condé, de son vrai nom, Louis de Bourbon, cousin de Louis XIV, a battu les Espagnols en 1643 à la bataille de Rocroi : c'était un grand général. Le texte se situe au début de l'oraison...

    Steven

    mercredi 21 août 2019

    Commentaire de texte de 2 pages - Histoire moderne : Renaissance à XIXe

    Commentaire.s (0) Partage.s (0)
  • Après 1453 et la prise de Constantinople, des intellectuels, les humanistes, se mettent étudier les euvres antiques négligées au Moyen-âge. L'Homme est remis au centre de leurs préoccupations et non plus Dieu. Certains vont aussi faire évoluer les sciences comme Copernic qui développe la théorie que la Terre tourne autour du soleil. Les...

    isabelle

    mardi 30 juillet 2019

    Cours de 2 pages - Histoire moderne : Renaissance à XIXe

    Commentaire.s (0) Partage.s (0)
  • L'histoire de la radicalisation des "assassins" en Iran au XIe siècle à État islamique. Processus par lequel un individu ou groupe d'individus adopte une forme violente d'action liée à une idéologie extrémiste à contenu politique, sociale ou religieuse. C'est un phénomène minoritaire en occident, la radicalisation s'est produite dans un...

    isabelle

    jeudi 11 juillet 2019

    Cours de 4 pages - Histoire moderne : Renaissance à XIXe

    Commentaire.s (0) Partage.s (0)

Je partage sur Facebook

Je partage sur LinkedIn

Je partage sur Facebook

Je partage sur LinkedIn

Pimido.com utilise des cookies sur son site. En poursuivant ta navigation sur Pimido.com ou en cliquant sur OK, tu en acceptes l'utilisation. Privacy Policy

ok